Après sept ans en agence de marketing sportif (Octagon, Community, Sporty Market), David Drahy fait le pari de l’entrepreunariat en 2011 en lançant avec sa compagne Laurène Wolff l’agence Com’Over. Passionné de basket depuis son plus jeune âge, il a accompagné la NBA depuis ses premiers pas professionnels en 2004. La NBA décide de le suivre et de lui renouveler sa confiance, devenant le client historique de l’agence. « Le premier client qui nous a fait confiance à cette époque a été la NBA, sur différents métiers : événementiel, conseil, stratégie et maintenant relations presse et influence. […] Nous avons aujourd’hui un historique de 15 ans avec la NBA. Le système a énormément changé : les outils ont évolué, la médiatisation a évolué, les français faisaient leurs débuts en NBA… J’ai eu la chance d’assister à ce parcours et à son évolution jusqu’à aujourd’hui. Le match de la NBA à Paris en 2020  est pour nous une sorte d’aboutissement de quinze année de travail » (David Drahy).

Sport Connect Lyon : Qu’est ce qui t’a motivé à quitter ces « géants du sport business » pour lesquels tu travaillais et à lancer ta propre agence ? 

David Drahy : « De manière générale, j’avais l’impression que ce que je faisais en agence je pouvais le faire pour moi-même. J’ai pu manager des équipes de 6 personnes dans ma précédente agence. Je suis passé sur différentes typologies de métiers, de la gestion de projet à la direction de clientèle en passant par le développement. Nous pensions avoir cette capacité et cette vision globale pour monter notre propre structure et la développer, ayant avec mon associée des expertises très complémentaires. Même si au début nous avons pu travailler comme une team de freelancers, en marque blanche pour les marques ou pour d’autres agences. Et puis petit à petit on a eu des opportunités via nos clients et notre réseau qui ont fait que nous avons pu créer Com’Over. »

Sport Connect Lyon : L’agence a d’abord vu le jour à Paris avant de s’installer dans la région lyonnaise, pourquoi ce choix ?

David Drahy : « L’un de nos objectifs quand nous avons créé l’agence c’était de quitter Paris plutôt pour des raisons personnelles que professionnelles. Nous savions pertinemment que le business est à Paris en grande partie, même si aujourd’hui nous avons une grande partie de nos clients à l’international et nous savions que s’en éloigner était un risque. Mais lorsque l’on crée un business en couple, on sait qu’il est assez compliqué de trouver un job qui nous plaît à tous les deux dans la ville que l’on va choisir donc autant se le créer soi-même. C’est dans cette optique que l’agence a vu le jour. […] On a décidé de prendre le risque en déménageant au bout de quelques mois à Lyon, que nous avons choisi pour de multiples raisons: le cadre de vie, la proximité avec Paris, la proximité avec la montagne, la proximité avec la Suisse aussi qui est un gros marché pour le sport business. Nous avons repris très rapidement quelqu’un à Paris et notre équipe lyonnaise passe pas mal de temps à Paris.

Sport Connect Lyon : Parmi les clients importants de l’agence, on peut nommer Beats by Dre, Mastercard, la Ligue Nationale de Basket (LNB) donc une ADN très « sport ». La NBA a choisi de faire confiance depuis 15 ans à votre duo avec Laurène et aujourd’hui à vos équipes. Vous êtes aujourd’hui en charge de la gestion des relations presse et influenceurs. La NBA a connu une grosse actu ces derniers mois. Quel a été le rôle de l’agence ?

David Drahy : « J’ai personnellement fait beaucoup d’événementiel pour la NBA dans mes premières années. Depuis 2012, avec Com’Over, nous sommes en charge des relations presse, de la stratégie d’influence et de manière générale du conseil pour le territoire français pour NBA Europe, basé à Londres. Il y a beaucoup d’évolutions sur ces années-là notamment un important push sur le digital, les réseaux sociaux, le contrat beIN Sports qui est devenu le diffuseur média en France, le NBA League Pass, les NBA Sundays,et d’autres partenariats qui ont pu être signé … »

@ Parlons Basket

« Nous avons depuis toujours accompagné la NBA sur ces sujets-là. Récemment avec le Crossover NBA, pour la 3ème édition de l’événement à Paris. Un événement qui tourne un peu partout en Europe et qui a comme ADN de promouvoir l’identité de ce qu’est la NBA, de ce qu’est le basket au sens large. On parle de technologie, de musique, d’art, de lifestyle… La NBA pour nous en tant que Com’Over, c’est aussi un client qui a un peu défini notre positionnement. Nous nous positionnons comme une agence spécialisée sur les territoires du sport, de l’entertainment, du lifestyle et du sociétal. Quand on parle de la NBA, on parle assez peu de sport finalement, pas besoin de nous pour relayer les résultats sportifs. C’est aussi une force de la Ligue de se déconnecter du sport pour prendre la parole sur des sujets business, technologie, marketing, innovation, jeunesse ou sociétaux. »

@ Catherine Steenkeste NBA Europe

« Nous avons pu travailler avec la NBA pour promouvoir la NBA, pour développer la base fan, pour créer du business merchandising, pour développer de nouveaux partenariats, pour entretenir les relations avec le diffuseur pour rendre encore plus présent la NBA. Tout ça crée un engouement. Concernant le match à Paris, moi je travaillais déjà à l’époque quand il y avait des matchs de pré-saison en France jusqu’en 2010. Ils ont par la suite privilégié des villes comme Londres ou Berlin car nous manquions d’infrastructures permettant d’accueillir un match et de retranscrire l’expérience de la NBA en France à cette époque-là. L’Accor Hotel Arena a beaucoup évolué avec les travaux pour être à ce niveau là. »

Sport Connect Lyon : À quoi est dû, selon toi, ce fort engouement autour de la NBA ?

David Drahy : « Le succès n’est pas si récent que certains le disent. Cela fait 25 ans que la NBA rencontre beaucoup de succès à l’international et en France. Tout a démarré avec la Dream Team en 1992 sur les Jeux Olympiques de Barcelone, les années Michael Jordan,… Et après il y a eu l’internationalisation. Cela fait 20 ans en gros qu’il y a des internationaux français qui performent vraiment en NBA. L’effet Tony Parker a eu son importance pour nous évidemment. Il a accompagné la croissance de la NBA sur notre territoire.

La NBA c’est un produit et une ligue qui est très forte sur le digital. Que ce soit dans le partage de ses contenus, dans la valorisation de ses contenus et autre. Et clairement l’explosion des réseaux sociaux, le changement de consommation notamment au niveau des jeunes est hyper propice à la NBA parce que c’est un produit qu’ils ont développé pour ça. Je pense que ça joue beaucoup à se dire que la base fan continue sans cesse d’augmenter. Pas forcément qu’avec des gens qui vont se lever à 2h du matin pour suivre un match, loin de là. Mais en tout cas des gens qui vont consommer la NBA un peu en snack content et différentes typologies de produits NBA qui vont aller du match au merchandising pur.

Notre rôle au niveau de cette annonce a été de préparer la communication, du teasing, de faire du lobbying pour avoir un match sur le territoire français. Nous avons travaillé dans l’ombre avec la NBA pour préparer ce match depuis des mois voire années. Nous avons du créer le teasing dans les mois qui précédaient cette annonce jusqu’au jour J, avec bien évidemment l’aspect annonce et influence. Nous sommes assez satisfaits des retombées de l’annonce, l’idée maintenant étant de créer de l’engouement sur la durée, de développer d’autres produits autour du match, de permettre à la NBA de s’installer sur le long terme sur le territoire français.« 

Sport Connect Lyon : Quel développement pour l’agence dans les prochaines années ?

David Drahy : « L’agence a une ADN très ancrée dans le sport puisque deux des trois associés viennent du monde du sport, la NBA est notre client historique et une vraie vitrine pour nous en France, mais ça ne veut pas dire que nous sommes fermés à ce territoire. Nous organisons par exemple en ce moment à Paris un gros événement pour My Little Paris et 1664, L’Atelier 1664, une activation éphémère expérientielle. Nous voulons être sur un acteur majeur du sport et du divertissement, nous avons conscience des enjeux autour du sport notamment sur la période entre 2019 et 2024, avec les grands événements en France, d’ailleurs nous accompagnons un des top sponsors de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA dans son activation au niveau national Nous pensons avoir des références clés dans le sport et une légitimité au même titre que n’importe quelle agence du secteur : Mastercard sur Roland-Garros ou la Champions League, des top sponsors sur l’UEFA Euro 2016 avec Turkish Airlines et Socar, Beats by Dre ou New Era partenaires de la NBA, la Ligue Nationale de Natation… C’est un axe sur lequel nous continuons de surfer parce que l’on sait qu’il va y avoir un gros gâteau à se partager sur les prochaines années, maintenant on ne veut pas délaisser le reste. »

Sport Connect Lyon : Quand on pense Com’Over, on pense également Com’Over Lab. Le Com’Over Lab va souffler sa deuxième bougie dans quelques jours. L’heure est au bilan, que peux-tu nous dire du développement de ce projet pas comme les autres ?

David Drahy : « Le Com’Over Lab est né à la base plus ou moins de Sport Connect Lyon. Étant partie prenante de l’équipe qui a fondé Sport Connect Lyon, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait pas mal d’indépendants, de micro structures qui étaient intéressantes pour nous en termes de métiers, qui avaient envie de faire des choses avec nous et qui nous ont tendu la main. Nous sommes conscients d’être une petite agence indépendante (Com’Over c’est 15 personnes pour un peu plus de 3.5M de Chiffres d’affaires), pas une structure telle que Havas ou Publicis ou Lagardère, et qu’on ne pouvait pas avoir toutes les expertises en interne donc l’idée du Lab était aussi de réunir des expertises sous notre toit pour pouvoir proposer plus à nos clients, à nos prospects et au marché de manière générale. La deuxième idée était de s’affirmer sur la place lyonnaise et gagner en visibilité. La troisième idée était de donner l’opportunité à notre équipe / nos salariés de côtoyer des entrepreneurs et de nouvelles structures pour les aider aussi à se developper et à apprendre, à échanger avec d’autres personnes pour la suite de leur carrière chez Com’Over ou en dehors de Com’Over. En effet, Laurène et moi quand nous avons Com’Over, avons eu la chance d’avoir eu des gens qui nous ont tendu la main comme Laurent Damiani l’ancien patron de Sporsora et Community, qui nous ont hébergé dans des beaux bureaux. Ensuite, on a pris des bureaux pour nous, qui étaient un peu moins beaux. On a même du travailler quelques mois sur notre canapé comme tous les entrepreneurs. L’idée était donc de rendre la pareille. Si on peut aider, maintenant que l’agence tourne bien, tant mieux. On compte aujourd’hui près de 20 structures qui sont passées par le Com’Over Lab. Aujourd’hui, 12 structures y travaillent chaque jour. Je trouve que ça évolue bien, qu’il y a de plus en plus de relations, d’échanges, de business qui se créent. On essaie au maximum de faire travailler les gens, les gens nous rendent la pareille. On répond à des appels d’offre avec certains Labeurs, on gagne ensemble, on perd ensemble ; c’est une aventure humaine et entrepreneuriale exceptionnelle. En tout cas l’évolution est très positive. Clairement ça correspond aux attentes que nous nous étions fixé autant sur le plan business/communication et cela les excède d’un point de vue humain. »