Quentin Willems interviewe Benoît Lacazette à l'occasion d'un apéro réseau du Sport Connect Lyon

Sport Connect Lyon : Peux-tu nous présenter ton activité ?

Quentin Willems : « CARPE MINUTE accompagne la réussite des projets événementiels des associations sportives et culturelles. L’agence est née en janvier 2019 après 2 ans d’expérimentation auprès des associations sportives et des organisateurs d’événements. Elle intervient essentiellement dans l’assistance, le conseil et la coordination de projet événementiel et le développement de partenariats stratégiques et financiers. Aujourd’hui, je suis convaincu de son positionnement. Je suis même obligé de freiner la croissance pour conserver le niveau de qualité des prestations de l’agence. C’est d’ailleurs très grisant même s’il semble que ce soit un passage obligé pour chaque entrepreneur.

D’où vient ta passion pour le monde associatif et l’événementiel ?

J’ai commencé à concevoir des événements à l’âge de 16 ans, à La Rochelle. Puis avec mon école l’ESC La Rochelle, les événements ont pris de l’ampleur. A 21 ans, je suis passé « pro » en organisant le séminaire mondial de Quechua, en Italie, avec une équipe franco-italienne, sans parler un mot d’italien !  J’étais à l’époque en année de césure au siège international de Quechua et en plein milieu des montagnes, un environnement que j’affectionne particulièrement. J’ai passé l’une des plus belles années de ma vie, entouré de passionnés de sport outdoor et de sportifs de haut niveau. A ce moment, je n’avais toujours pas fait d’études en événementiel. D’ailleurs, je n’en ai jamais fait, j’ai toujours appris en faisant. En quelque sorte en mode self-made de l’événementiel, comme beaucoup de mes confrères.

Pour quelles raisons as-tu choisi d’accompagner le monde associatif ?

Contrairement aux idées reçues, il y a beaucoup de dynamisme et de volonté dans le sport associatif amateur qui représente 99% du tissus sportif français, 2 millions de manifestations par an et plus de 3% du PIB. Ne l’oublions pas, ce sont eux les créateurs de vocations et de médailles olympiques.
Après Quechua, j’ai repris mes études à l’IAE de Lyon en 2007, intégré en agence de marketing sportif, puis j’ai vécu à Londres en 2009. Mon retour sur Lyon m’a permis de reprendre l’athlétisme dans une démarche de haut niveau et de rejoindre un groupe de coureurs, devenus des amis très proches par la suite. A l’époque, on s’entrainait plus de 6 fois par semaine, sur le Campus de la Doua, en parallèle de nos études ! Pas facile tous les jours mais une expérience humaine extraordinaire. Le sport permet de belles rencontres et m’a permis d’intégrer la Ligue d’Athlétisme Rhône-Alpes à la fin de mes études, où j’ai par la suite  bénéficié d’une création de poste en événementiel. Inédit dans ce milieu ! J’ai eu beaucoup de chance de tomber sur Marcel Ferrari (encore actuel Président de la Ligue Athlétisme Auvergne Rhône-Alpes), un grand monsieur de l’athlétisme, un vrai passionné pour son sport et surtout un leader charismatique légitime dans son sport qui sait s’entourer. Il m’avait confié que débuter sa carrière dans le monde associatif apportait énormément de compétences et de valeurs humaines. Après quelques années, je comprends ce qu’il a voulu me dire.

Est-ce à ce moment que tu t’es spécialisé en événementiel sportif ?

Oui, notamment grâce aux Championnats du Monde d’Athlétisme Master, pour lesquels j’ai coordonné la candidature en 2011 en Californie (USA) avec toute l’équipe de bénévoles de la Ligue. On a gagné le 14 juillet. Symbolique. Le Bureau des Congrès de Lyon nous avait donné un sacré coup de main à l’époque, ainsi que Jean Gracia et Pierre Quinon. S’en est suivi 6 ans de voyages internationaux et d’organisations événementielles sportives, entre les meetings nationaux et les événements internationaux.
En 2014, je suis nommé coordinateur général des mondiaux et en charge des relations internationales. Beaucoup de chance et de confiance de la part de l’équipe, surtout à 29 ans. Depuis, j’ai toujours voulu continuer à m’investir pour les associations. J’ai d’ailleurs moi-même créé plusieurs associations, dans lesquels j’ai encore des mandats. C’est pourquoi l’ADN de Carpe Minute s’est construit sur cette connaissance du monde associatif, de ses habitudes, ses codes  et ses acteurs passionnés qui la font vivre. Par conséquent, il est aujourd’hui très facile de m’intégrer au sein d’une équipe projet déjà existantes.

Quelles sont tes actus et projets du moment ? 

Sur les grands projets, je termine une mission de conseil et de coordination pour l’UNSS dans le cadre des Championnats du monde de Futsal Scolaire, avec un très beau projet pédagogique associé. Ça aura lieu à Lyon en 2020. Nous avions gagné la candidature en 2017 à Olbia en Italie. J’ai la grande fierté de dire que j’ai 100% de réussite sur les candidatures internationales !
Deux autres projets internationaux sont dans les tuyaux, mais à ce moment du projet, j’ai dois rester dans l’ombre et la confidentialité. D’autres associations me font confiance pour des projets de développement, comme le Rhodia Club Omnisport qui anticipe sa transition territoriale ou même une Ligue régionale qui souhaite augmenter son indépendance financière. L’agence Carpe Minute est également dans une période de développement important et va voir arriver, en septembre, ses premières embauches. Une étape importante pour une start-up !

Les membres de Sport Connect Lyon ne sont pas sans savoir que ta première année de mandat de Président touche à sa fin. Un premier bilan de cette année de présidence ?

En 2017, nous avions annoncé avec un peu d’ambition et surtout  beaucoup d’humilité que nous allions essayer. En 2019, après une belle croissance (+100% en 1 an – nombre de membres doublé) force est de constater que Sport Connect Lyon est un réseau attendu qui répond à un besoin de rencontres, d’interaction et d’état d’esprit. Nous sommes très heureux d’avoir réussi. Un réseau ne fonctionne qu’avec la régularité de ses membres. Comme toute relation humaine, les gens ont besoin de se voir et de se revoir avant de créer des synergies. Mais ça ne suffit pas. C’est pourquoi l’équipe s’est recentrée sur les événements à haute valeur ajoutée : les apéros réseau bimestriel avec toujours plus de qualité, les Masterclass exclusives aux membres, les partenariats avec les clubs pro de Lyon ainsi qu’une présence sur des événements exceptionnels comme la Coupe du Monde Féminine par exemple. Pour continuer d’exister, SCL doit poursuivre ces efforts événementiels et de communication sur les réseaux afin de contribuer à l’une de ses vocations : entretenir ce qui a de la valeur dans le sport lyonnais. »